Salut les kids !

Aujourd’hui, parce qu’il s’agira de ça très souvent aussi, voici le premier billet « éducation/comportement » de ce nouveau blog. Vous remarquerez que dans quelques temps, ce type d’article sera disponible en téléchargement au format PDF. Vous pourrez ainsi collectionner les magnifiques fiches articles « Educ/comportement », et les stocker dans un magnifique dossier de votre magnifique ordinateur, alors heureux ?

Je sais que le titre de cet article en aura fait bondir plus d’un, mais attends fidèle lecteur, il est parfaitement voulu, lis jusqu’au bout, tu vas comprendre.

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L’idée de cet article est née en lisant une discussion, sur un forum spécialisé, blindé de débats et de conseils concernant l’éducation et le comportement des chiens, pas toujours avisés d’ailleurs. Je vous retranscris cette discussion sommairement (les prénoms ont été changés, toute ressemblance avec des personnages réels serait purement pas fortuite du tout) :

François : « Le renforcement positif, c’est bien ! Je l’ai vu ça, et je l’ai lu ça ! »
Nicolas : « Alors moi, j’ai une chienne très particulière, fine, élancée, mais aussi très dure, têtue. Alors est-ce que j’utilise le renforcement positif ? Eh bien je vais vous le dire ! Alors non, je n’utilise pas le renforcement positif avec Larka, parce que ça ne fonctionne pas avec elle, j’utilise d’autres méthodes »
François : « Mais Nicolas ? Mais quelles méthodes ? »
Nicolas : « Eh bien je vais vous le dire ! »

Un petit rappel technique dans un premier temps, pour revenir sur les quatre notions qui composent le conditionnement opérant.

Lorsqu’on parle de Punition (P), le but est de réduire l’apparition d’un comportement.
Lorsqu’on parle de Renforcement (R), le but est de favoriser l’apparition d’un comportement.

Les + et – apposés après le P ou le R, ne représentent en aucun cas quelque chose de bon ou de désagréable, ils expriment l’ajout d’un stimulus, ou le retrait d’un stimulus.

  • Dans le cas de P+ (punition positive), un stimulus aversif est ajouté (+) dans le but de faire disparaître un comportement (lorsque le chien fouille dans la poubelle, il prend une tape sur l’arrière-train, il a donc plutôt tendance à éviter de fouiller dans la poubelle).
  • Dans le cas de R+ (Renforcement positif), un stimulus appétitif est ajouté lorsque le comportement désiré est adopté (lorsque le chien revient vers son maître, il obtient une friandise, il a tendance à revenir très rapidement).
  • Dans le cas de P- (Punition négative), un stimulus appétitif est retiré lorsqu’un comportement non désiré apparaît (Le chien saute sur son maître lorsqu’il rentre du travail, le maître lui retire son attention en lui tournant le dos, le chien perd quelque chose qu’il aime, il a donc tendance à éviter de sauter).
  • Dans le cas de R- (Renforcement négatif), un stimulus aversif est retiré lorsque le bon comportement est adopté (Tant que le chien ne veut pas s’asseoir, le maître applique une pression sur l’arrière-train, lorsque ce dernier s’assoit, la pression disparaît).

Ce bref rappel effectué, revenons à la discussion entre François et Nicolas. Nicolas explique qu’il n’utilise pas le renforcement positif, parce qu’il estime que ça ne fonctionne pas avec sa chienne Larka. Sauf que notre petit Nicolas sur talonnettes, on commence à le connaître, il ne sait pas très bien de quoi il parle, il s’agite, gesticule et finit par créer plus d’incohérence qu’autre chose. Et puis Nicolas, il fait une grossière erreur, parce que selon lui, le renforcement positif serait un outil, comme une clé de douze, qu’on sort de la caisse si on en a besoin, et qu’on range lorsqu’on a terminé.

Non ! Le renforcement positif n’est pas un outil !

J’en vois encore s’agiter frénétiquement derrière leur écrans tel de jeunes caniches cocaïnomanes, calmez-vous mes bons, vous allez comprendre.

Diablo a un rappel correct parce que ce rappel a été, et est encore renforcé.

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Il est fort probable que Safi ait pris cette mauvaise habitude de se coucher sur la table du salon parce que certaines caresses l'ont renforcé dans cette attitude.

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Ce que je dis moi, c’est que le renforcement positif n’est pas un outil, pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas possible de le ranger, comme on rangerait la fameuse clé de douze dans la caisse à outils. On ne décide pas de ne plus utiliser le renforcement positif, le renforcement positif est un élément présent tout au long de la vie du chien (oui oui, même un vieux chien peut apprendre).

Non ! Le renforcement positif n’est pas un outil ! Tout simplement car on ne peut pas cesser de l’utiliser !

Et c’est bien là que le bât blesse, ce renforcement est régulièrement utilisé consciemment par le maître, dans une séance de travail ou d’apprentissage par exemple, mais il l’est également inconsciemment, dans la vie de tous les jours, dans des situations dont la portée et les conséquences lui échappent totalement.

De cette manière, certains comportements vont être renforcés, appuyés, stimulés, sans qu’à aucune seconde, le maître ne se rende compte qu’il en est la seule et unique cause.

Reprenons. Le renforcement positif est l’ajout d’un stimulus appétitif, qui apporte une sensation ou une réponse de bien-être, dans le but de favoriser la probabilité d’apparition d’un comportement. Ces stimuli sont divers, la friandise, la caresse, la félicitation orale, un jouet, le jeu lui-même, l’attention du maître envers le chien, le clic du clicker…

J’imagine que vous voyez maintenant beaucoup plus clairement où je veux en venir : il est très facile, et cela de manière parfaitement inconsciente, de renforcer un comportement non désiré, par un simple geste inadapté, en donnant son attention au chien à l’instant même où il adopte un mauvais comportement, ne serait-ce qu’en le regardant. De la même manière, il est parfaitement possible qu’en voulant éviter un comportement gênant, le maître le renforce, par des gestes inadaptés, ou simplement en exprimant vocalement une idée compréhensible pour un humain, mais sur un ton inadapté pour un chien dans cette situation.

Les exemples sont infinis, et quelle que soit l’expérience du maître, de novice à très expérimenté, les erreurs sont là, le but étant évidemment d’en faire le moins possible, de tendre vers le « zéro erreurs ». Voici quelques exemple.

  • Une jeune femme a fait appel à moi il y a quelques temps, parce qu’elle constatait une dérive comportementale de son jeune bouledogue. Il était pot de colle, beaucoup trop, en permanence contre sa maîtresse, la sollicitant continuellement. Vous imaginez évidemment ce que provoquaient les absences de la jeune femme, stress intense, destructions, « bêtises » diverses et variées. Il a été extrêmement rapide de corriger cette dérive, en deux séances uniquement. La première séance avait pour but de comprendre les causes de ce comportement, et de travailler sur ces causes, en l’occurrence le comportement de la maîtresse. Ceci demande une remise en question de son propre comportement de maître, sans quoi pas de résultat possible.

    L’analyse a montré immédiatement que les réponses de la maîtresse, face aux sollicitations du chien, étaient parfaitement à l’opposé de ce que nécessitait le résultat désiré. Plus clairement, chacune des sollicitation de la chienne engendrait chez la maîtresse une réponse de type « contact physique » (premier renforcement), et une consigne vocale, un « retourne au panier », sur un ton particulièrement doux (deuxième renforcement). La chienne obtenait systématiquement ce qu’elle demandait, l’attention de sa maîtresse, il n’y avait donc aucune raison, aucune chance, pour qu’elle change de comportement.

  • Autre exemple classique, le jeune chien qui se laisse emporter par son excitation et qui saute sur son maître à son retour. La réaction la plus répandue de la part du maître est la suivante : la main posée sur la tête du chien, et une parole du type « non, descends », sur un ton très doux, qui est en réalité perçu comme quelque chose d’agréable, donc un renforçateur.

La vie dans un groupe de chiens conséquent complique énormément les choses, en particulier parce que chaque consigne orale est reçue par plusieurs individus.

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D’une manière générale, chaque mouvement, regard, caresse, mot trop doux, peut être perçu ou plutôt vécu comme agréable, donc peut devenir un renforçateur, du réveil, jusqu’au coucher, donc peut être suceptible de créer ou d’appuyer un mauvais comportement, ou une dérive comportementale.

Il n’est pas possible d’empêcher ce phénomène complètement, en revanche, ce qui est possible, est d’y faire attention, de minimiser les erreurs, d’éviter les gestes ou mots inadaptés, et dans le doute, de ne rien faire et rien dire. Ceci est évidemment valable pour les trois autres composantes du conditionnement opérant. S’il est tout à fait possible consciemment de renforcer certains bons comportements, ou d’éradiquer certains mauvais comportement, il est  aussi parfaitement possible, et cette fois inconsciemment, de renforcer des mauvais comportements et de faire disparaître les bons.

Pensez bien que dans une majorité des cas, lorsqu’un maître fait appel aux services d’un spécialiste en éducation ou en comportement, le problème exposé est un résultat direct des erreurs qu’il a commises.

Des questions ?




Pour information, suite au procès et au jugement dont a été victime Vanessa (Injustice), une cagnotte a été mise en place, vous la retrouverez ici :

SAUVONS COEUR SUR PATTES - Leetchi.com

Bonjour mes amis,Notre association a plus que jamais besoin de votre soutien !En 7 ans d'existence nous avons toujours répondu présent devant la détresse animale, nous avons pris sous notre aile plus de 1000 animaux. Nous ne pouvons continuer de les sauver sans vos coups de pattes !Nous tentons de maintenir la tête hors de l'eau depuis des mois, notre situation financière est catastrophique.

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