Les nouvelles de Patate

04 mai 2017

Interviews

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Dans le but de comprendre un peu mieux ce qui entoure l’éducation et l’étude du comportement canin, nous avons décidé de mettre en place des petites « interviews », à chaque fois avec plusieurs professionnels, qui répondent sans se concerter.

Vous trouverez ci-dessous un descriptif et un lien vers chacune de ces interviews, bonne lecture.



Interview 1 - Janvier 2017

Cynthia Edelman – Magic Clicker - Éducatrice Canin spécialisée en comportement (MEC, ATC, KPA CTP, Coach canin certifié Dehasse, LLA, TAG Teach Niveau II) - http://www.magicclicker.ch/
Guillaume Bretzner – La Bergerie de Lerchamps – Éducateur Canin Comportementaliste - https://bretzner.fr/
Irène Sautelet – Caniclass - Éducatrice Canin Comportementaliste (EAPAC comportement, Animalin éducation et clicker) - http://www.caniclass.com

Lien : Interview_001

 

Interview 2 - Février 2017

Françoise Martin - http://francoise-martin.over-blog.com/
Joëlle Caverivière – Comportementaliste – Auteur des livres « Planète Chien » et « Le colley du box 34 » - http://planetechien.com/
Iris Castaing – Ludicanis - Educatrice canin comportementaliste (CBATI, EAPAC) - http://www.ludicanis.com/

Lien : Interview_002

 

Interview 3 - Mars 2017

Isabelle Barthes – Coach en éducation canine/comportement - http://www.dog-educ.com
Véronique Valy – Au'tour du Chien - Guide en éducation canine et en comportement canin, médiatrice dans les relations homme/chien (DU Paris V) - intervenante - formatrice. Accompagnante en talents canins, plus que de l'éducation...  - http://www.chien-education-elevage.com/
Sébastien Chamot - Les Sens Canins - (38 Isère) éducateur canin conseiller en comportement (ACCEFE) - http://www.lessenscanins.fr/

Lien : Interview_003


Interview 4 - Avril 2017

Célia Gosset – Educateur canin comportementaliste – http://www.celiagosset.fr
Laurence Soulier – Educateur canin comportementaliste – http://www.patteapatte.com
Yannick (psiko) Morier-Genoud – Educateur canin comportementaliste – facebook Psiko pattes

Lien : Interview_004

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20 janvier 2016

Union d’alerte concernant les méthodes d’éducation et de rééducation canine

Chaque professionnel ou moniteur adhérant aux idées de cet article peut en devenir le cosignataire, pour cela, merci de m’envoyer un MP avec Nom, Prénom et éventuellement Nom de la structure. Cet article (et la liste des 103 signataires) sera envoyé en recommandé à la SCC dans les semaines qui viennent, il est encore temps de demander à le signer.

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Il y a quelques temps, l’association One Voice a publié les résultats d’une enquête concernant les clubs canins, ses conclusions sont les suivantes : dans l’ensemble des clubs canins visités il est fait état de l’emploi de méthodes n’ayant plus cours, réfutées depuis des années, par conséquent aussi de maltraitance.

Certains de ces clubs sont affiliés SCC.

Aujourd’hui, ce collectif se fixe plusieurs buts :

  • Alerter l’opinion publique, et en particulier les propriétaires de chiens, sur les risques physiques et psychologiques auxquels les chiens peuvent être exposés dans certains clubs et chez certains professionnels.
  • Proposer à ces mêmes propriétaires de chiens une méthode simple pour éviter ces clubs et ces professionnels.
  • Alerter la Société Centrale Canine sur les agissements de certains clubs et certains moniteurs.
  • Demander à la SCC de prendre des dispositions rapidement.
  • Recueillir des témoignages et preuves vidéos (ou éventuellement en photos si elles sont suffisamment représentatives).

A l’heure actuelle, certaines pratiques sont toujours bien ancrées dans de nombreuses structures : violence, coercition, étranglement, plaquage au sol, coups, colliers étrangleurs, colliers étrangleurs à piques (torquatus), colliers électriques …

Il ne s’agit en aucun cas de méthodes ou d’outils de travail, il s’agit de maltraitance.

En aucun cas, et cela quelle que soit la structure, club ou professionnel, vous ne devez tolérer de violence ou de maltraitance envers un chien. Si vous en êtes témoin, merci de contacter un des cosignataires de ce document, afin de lui transmettre tout document qui pourra prouver votre témoignage.

Les plus éminents spécialistes sont aujourd’hui affirmatifs, les concepts de dominance forcée, de position hiérarchique de l’homme par rapport au chien et la notion d’Alpha sont totalement révolues. Si ces termes sont évoqués dans une structure, toutes les conditions sont réunies pour que des maltraitances apparaissent. Quelle que soit la discipline, il n’est jamais utile d’user de violence, des solutions saines existent, favorisant le rapport homme/chien, la confiance et la cohérence.

Des cas de maltraitances ont été recensés dans certains clubs affiliés SCC, des photos existent et ont été diffusées par l’association One Voice. Par cette communication, nous demandons à la SCC de prendre des dispositions très rapidement, de faire circuler l’information et des consignes très claires, afin de confirmer l’interdiction de ces maltraitances sur le terrain et d’en assurer la disparition rapide et définitive, en clair, de faire respecter la législation française.

Chaque professionnel ou moniteur adhérant aux idées de cet article peut en devenir le cosignataire, pour cela, merci de m’envoyer un MP avec Nom, Prénom et Nom de la structure.

Françoise Martin
Raphaël Pin - ECC
Laurence Soulier - Patte à patte
Nathalie Galle - Deux Amis
Pascale Lépinay - Mon Chien Relax
Laurence Raou - Oui... Bon Chien
Cécile Désimeur - NIAC
Irène Sautelet - CANI CLASS
Yannick Morier-Genoud - Psiko pattes
Céline Courtial - La classe canine
Martine Cruz - Martine Cruz educatrice canin
Joelle Caveriviere - Planete Chien Comportement
Sébastien Chamot - Les Sens Canins
Isabelle Barthes - Dog-educ
Tatjana Cerabona - Dog Spirit
Cynthia Edelman - Magic Clicker
Sylvie Lauroz - Enseignante en zootechnie au LARPS (Mauléon)
Renée Garcia - B.A. BA CANIN
Julie Lambert - Mon Chien et Moi
Valérie Teppe - Joyeuses Pattes
Les crocs zen - Club non affiliié SCC
Vanessa Fontaine - Pup's Academy
Blandine Brochard - Coeur de chien
Daniel Garnier - Entre Chiens et Maîtres
Marie Legain - Terre de Poils
Emeline Ponsaud - Education Pawsitive
Jennifer Riou - Cani mouv'
Cécile Arnault - Caniharmonie
Julie Claeyssen - Canima
Mélissa Coutelas : FILA TA PLACE
Dominique Raison-Laforge - CaniDéclic
Valérie Simiot - Au Savoir Flair
Jean-Pierre Gourlaouen - Mon Chien Ma Vie
Patrick de Meurers - Club d'éducation canine Rotheux-Rimière
Patricia Martinez : J'écoute mon chien
Robert Lebaron - Club d'éducation canine Playe Aywaille
Carine Belleville - Harmony Dog
Marine colin - la légende d'argos
Morgan Rolland - Autour des chiens
Isabelle Viroulaud - Cynophile Doux
Catherine Masson - Animals ´ Avenue
Béatrice Suzan - Béatrices conseils canins
Lydia Gareault - Monitrice
Bruno Ramos - 4Patt'Educ
Joanna Torres - Etre Chien
Gérard Quivy - Aikenka éducation canine
Jean Claude Bisen: aveyron-chien-comportement
Frédérique Bastidon - Un monde d'amis
Céline Coquereau - ex Céline educ + (ex monitrice SCC)
Edouard Melin - Pension éducation des Varennes
Carole Imbert - Aimer et comprendre son animal
Marie Schweickhardt - Patteapaume
Bénédicte Rihl - Eleveur canin sous l'affixe Sweet Loving Heart
Muriel Morize - Présidente du Centre de Connaisssance Canine de Messigny et Vantoux (21 Bourgogne) affilié SCC
Pauline Boubals - Dog & You
Laurence Poggianti - Canine Attitude
Sophie Duvet - Dog ethik
Sylvie Vigin - Elevage des Sylphes Enchantées
Nadine Vallez - Elevage le clos des héllébores
Dorothée Piat - Elevage du gardien de velana
Veronique Valy : Autour du chien
Marie Deheegher
Christine Col - Elevage Pathways to Avalon / Click n' Cool Education Canine
Séverine Noël - Comète school éduc
Corinne Gaillard - Techni ' Chien
Sandrine Almon - Aïe Feel Dog
Caroline Oudot - Contre Vents & Marées
Stéphanie Baronheid - Lovely Dog
Philippe Chataignier - CynoPhil Education
Guillaume Bretzner
Sylvie Chantre - Comportementaliste Chien & Chat
Carine Dechirot - Complicity dogs
Nadine Germani - SuperCanny
Louise Viguier - Elevage professionnel des Flocons de Dénat
Katia Maréchal - Unité comportement (+ responsable école du chiot club de Tomblaine, SCC)
Vanessa St-Maurice - Babylone Canin
Mireille Marti - Argos
Katya Barbéry - Regard de chien
Mihelic Nathalie - Elevage des sources du regard tendre
Anaïs Brion - Enseignante en félinotechnie LEGTA
Margaux Rieu - Primitif Addict / Meute Citadine
Frédérique Laroyenne - retraitée d' Elevage et Education Canine R+P- - Ultima Blue Dream
Pascale Lestaeve - Esprit canin
Gamel Sandra - Eduk'a dom
Sylvie Pedroni - ex Educatrice en club Scc
Yourko Claire - Présidente du Centre Loisirs Canins Ploemeurclub affilié SCC
Claudine Boudon Fortier - Présidente, Monitrice et éducatrice du Club Canin SCC "Viens dans mes pattes"
Lydie L'hoste - Flandres Éduc
Pauline Le Moine - PaulinEducation Canine
Lucie D'Addato - Pepper & Salt Éducation Canine
Sophie Pourchot - EduComplice
Laurence Chabert - Elevage "des loups de Varnagile" et Caniludic
Lou Thomas - Entre Chiens et Lou
Aurélie Mançanet
Agnès Matthys - École Sup du Chien
Sara Leveque - Lovelydog
Martine Dumont - Erwan School
Christiane Reniers - Canischola
Tiphaine Relin - Happsydog
Jean-Claude Arnaud - ACCEFE Formations
Clotilde Pineaud - Ô pense bêtes
Audrey Cadieu - Cani-Lien
Nadine Legros - Au chien des Prés
Sylvie Antony - Présidente et monitrice du club SCC "Cintegabelle club canin" 

09 octobre 2015

L'éducateur Paracétamol

Salut les amibes !

Alors je ne sais pas si vous êtes au courant, parce que je ne l’ai pas évoqué ici pour l’instant, mais mon activité d’éducation et de comportement porte aujourd’hui un nouveau nom, E.C.C., et une page Facebook lui a été dédiée.

https://www.facebook.com/ECCeducation

Le logo, au demeurant fort ravissant, a été créé par Elrina O’Brien ("Les colporteurs de rêves"), artiste aux multiples talents (Cinéaste, photographe, écrivain, dessinatrice, conteuse…), en fonction des idées que je lui ai (brillamment hein) exposées, merci à toi.

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Les trois dernières publications de cette page ont été consultées, partagées et commentées un certain nombre de fois. Pour faire suite à ces trois « articles », il est important d’aborder un sujet qui me tient particulièrement à cœur :

L’éducateur Paracétamol.

Qui est-il ? Comment aborde-t-il les choses ? comment le reconnaître, donc l’éviter ?

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Prenons d’abord un exemple concret, Jean-Pierre.

Votre voisin Jean-Pierre est un vrai con, il a mal aux dents depuis une semaine. Soyons clairs, il n’y a pas de lien de cause à effet. (Si tous les cons avaient mal aux dents on entendrait moins d’absurdités). Jean-Pierre est un con tout simplement car il se gave de paracétamol à tel point que c’en est devenu pour lui un régime alimentaire (mon cher Watson). Jean-Pierre ne semble pas avoir compris que cette douleur, comme la fièvre qui l’accompagne, est un symptôme. Jean-Pierre ne semble pas avoir conscience que la source de cette douleur et de cette fièvre est une infection carabinée. Avouez, votre voisin Jean-Pierre est vraiment un con n’est-ce pas ?

Là, je marque une pause, simplement pour me régaler en imaginant qu’un de vous a véritablement un voisin qui se prénomme Jean-Pierre, et qu’il aura nécessairement un jour mal aux dents…

Bref, en clair, Jean-Pierre ingurgite des caisses de Paracétamol, parce qu’il n’aime pas les symptômes dont il souffre, sa fièvre tombe, et la douleur diminue. A-t-il réglé le problème ?

 

Qu’est-ce qu’un éducateur Paracétamol ?

En éducation canine (j’utilise le mot éducateur, mais c’est valable pour certains comportementalistes, vétérinaires-comportementalistes, moniteurs de clubs…), une méthode consiste, comme le fait Jean-Pierre, à traiter les symptômes, sans à aucun moment tenir compte de la cause de ces symptômes.

Les adeptes de cette méthode sont les éducateurs Paracétamol.

Quand je dis adeptes, il faut être clair, les éducateurs Paracétamol n’ont pas conscience de l’être, et cela pour une simple raison. L’éducateur Paracétamol base tout son travail sur la théorie de la dominance et d’une hiérarchie inter-espèce stricte. Ces théories amènent l’éducateur Paracétamol à prendre son chien pour un être vivant dont le seul objectif est de « prendre le dessus », sur les autres chiens et sur le maître. Un chien qui tente de « dominer » est selon eux clairement identifiable, il tire sur la laisse, il force pour passer les postes, il dort sur le lit ou le canapé, il agresse ses congénères, devient agressif avec l’homme… En clair, il use de force pour asseoir cette dominance. Comment peut-on contrer cela ? Naturellement en usant d’encore plus de force… En contrant des symptômes, en se battant pour les faire disparaître…

Exemple : Bidibulle, le chien de Jean-Pierre, est agressif dès qu’il croise un congénère. L’éducateur Paracétamol n’aime pas trop ça et juge tout de suite que le chien est un dominant, il le pend donc en bout de laisse, et cela à chaque rencontre. Très rapidement, le chien comprendra qu’il ressentira une grande douleur lorsqu’il rencontrera un congénère, les symptômes, donc cette agressivité, disparaîtront rapidement.

C'est beau n'est-ce pas ? (Croyez-moi, cette pratique est encore très courante)

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Ceci est véritablement l’effet pervers du travail de l’éducateur Paracétamol. En expliquant que tout son travail est basé sur la communication canine (haha), il va faire disparaître très rapidement des symptômes, mais le résultat obtenu est particulièrement sournois, je m’explique.

La cause de l’agressivité de Bidibulle n’a pas été décelée ou admise, l’éducateur Paracétamol ne la connaît pas, ou pire, n’en tient pas compte. Une cause possible peut être un traumatisme, ou même plusieurs, une série d’agression subies par Bidibulle par exemple, de la part d’autres chiens. Il sait pertinemment qu’une rencontre aboutira à un conflit, il prend les devants.

 

Que se passe-t-il dans le cas d’un (mauvais) « traitement » par un éducateur Paracétamol ?

L’éducateur Paracétamol va ajouter une douleur, dans le but de punir ce comportement non désiré (Ajout d’un stimulus aversif : Punition positive, P+), et le comportement tendra à disparaître, d’autant plus rapidement que cette aversion sera douloureuse.

Le problème de cette méthode, c’est que si le comportement gênant du chien a bien été éradiqué, les causes, elles, sont toujours là, dans ce cas, il s’agit de la crainte, de la certitude qu’un conflit va éclater, de la peur éventuellement. Imaginez dans quel état d’esprit se trouve le chien, le caractère anxiogène de la situation est très élevé, avec une impossibilité de réagir, sans quoi une douleur intense lui sera infligée, et toujours cette peur du congénère, avec cette certitude qu’un conflit naîtra. Avec le temps, il est possible que le chien s’habitue à cette situation, qu’il se résigne. Des chiens résignés, on en voit beaucoup dans certains clubs.

Autre méthode, le placage au sol.

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Ce que moi je pense, est qu’en connaissant la cause du problème, on sait qu’une situation provoquera un dépassement du seuil de tolérance du chien. On sait aussi qu’il existe une distance en dessous de laquelle le chien déclenchera. La première chose à faire, selon moi, est de tester et « marquer » cette distance minimum, elle peut être de 3 mètres, comme de 50. Il faut ensuite arriver à déceler les facteurs aggravants (taille du congénère, robe, état d’esprit, joueur, provocateur…). Le travail est alors d’augmenter ce seuil de tolérance, et progressivement de réduire cette distance de déclenchement, jusqu’à ce que le chien tolère l’autre dans un premier temps à distance, puis de plus en plus près, puis qu’il l’accepte. Chaque séance de travail devra lui apporter une grande satisfaction, que la présence d’un congénère lui apporte du plaisir, que cette crainte de la rencontre se transforme progressivement en demande de la rencontre. Ce travail permet de créer une association, entre la présence d’un congénère, et une conséquence plaisante, et cela d’autant plus vite que les séances seront fréquentes.

Il est extrêmement important de ne jamais aller trop loin, de ne jamais laisser un conflit se produire, tout simplement car la régression est toujours beaucoup plus rapide que la progression. Il est impératif également de multiplier les séances courtes dans des circonstances différentes, dans des endroits différents, avec des congénères différents.

En aucun cas, on ne s’est attaqué aux symptômes, tout le travail a été fait sur la cause, la présence de l’autre était gênante pour Bidibulle (cause), progressivement, elle est devenue agréable, l’agressivité a disparu (symptôme). Ceci est assez schématique, cette désensibilisation peut prendre du temps, mais il est à mon sens impératif d’en passer par là pour obtenir un résultat fiable, et pour conserver une relation saine avec son chien.

 

Comment reconnaître un éducateur Paracétamol ?

L’éducateur Paracétamol est assez facilement reconnaissable, tant par ses gestes que par son discours, voyons un peu.

 

  • L’éducateur Paracétamol parle beaucoup de hiérarchie, c’est d’ailleurs son fonds de commerce, rétablir une hiérarchie, mettre en place une hiérarchie, modifier la place du maître dans la hiérarchie… La notion d’Alpha est très présente également.

  • L’éducateur Paracétamol a très souvent le même diagnostique : « Ha bah, oui, c’est un dominant, je l’ai vu tout de suite ! »

  • L’éducateur Paracétamol est le plus souvent un homme, ayant moi-même déjà rencontré une éducatrice Paracétamole, je dois admettre qu’elles semblent très rares.

  • La laisse est le prolongement du pénis de l’éducateur Paracétamol, il pense communiquer avec sa … laisse (bien que les chiens entre eux communiquent très peu avec cet outil). Sa laisse lui permet tout, grâce à elle, il assoit sa virilité et son hypothétique position hiérarchique, il peut étrangler, pendre, infliger des douleurs, secouer… Tout ce qu'il y a de plus intolérable.

  • L’éducateur Paracétamol utilise sa force physique, tout en expliquant qu’il est un maître de la communication canine, souvent en plaquant le chien au sol par exemple (intolérable également).

  • L’éducateur Paracétamol ne tient que très rarement compte de l’état d’esprit du chien, de sa posture, de la position de ses oreilles et de sa queue, et encore moins des signaux d’apaisement qu’il lui lance.

  • L’éducateur Paracétamol n’est jamais aussi heureux qu’avec un chien agressif au bout d’une laisse.

  • L’éducateur Paracétamol est d’une manière générale assez bas de plafond, certains n’ont d’ailleurs pas la lumière à tous les étages, ce qui leur confère une propension très développée à raconter de la merde, surtout et de préférence concernant le travail des gens qui ne sont pas d’accord avec leurs méthodes.

  • Dernier petit truc, mais assez constant chez lui, l’éducateur Paracétamol adopte régulièrement des postures dignes des plus grand maîtres de Kung-Fu, avec parfois une manière de poser ses mains sur la laisse tout à fait étonnante…

 

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Voilà, en sachant tout cela, vous reconnaitrez rapidement un éducateur Paracétamol, et vous saurez donc l'éviter.

Souvenez-vous toujours qu’il est donné à n’importe quel singe de pendre un chien en bout de laisse, qu’il est à la portée de n’importe quel bourrin d’éradiquer des symptômes en les interdisant par la douleur, en revanche, il est beaucoup plus compliqué d’analyser, de comprendre, et de traiter les causes, c’est pourtant à mon sens et définitivement la seule façon de faire.

Pour finir, parce qu’on lit tout et n’importe quoi sur le sujet, lorsqu’on évoque les méthodes douces, il n’est pas question d’être permissif, de tout autoriser, ni même de ne jamais punir, mais qu’est-ce qu’une punition ? Quelle façon de punir est tolérable ? Un chien a-t-il un sens moral ? Où se trouve la frontière entre la punition et le stimulus disruptif ? Autant de questions qui trouveront réponses dans un prochain billet… Si vous êtes sages bien entendu.

 

 

16 septembre 2015

Le renforcement positif n’est pas un outil.

Salut les kids !

Aujourd’hui, parce qu’il s’agira de ça très souvent aussi, voici le premier billet « éducation/comportement » de ce nouveau blog. Vous remarquerez que dans quelques temps, ce type d’article sera disponible en téléchargement au format PDF. Vous pourrez ainsi collectionner les magnifiques fiches articles « Educ/comportement », et les stocker dans un magnifique dossier de votre magnifique ordinateur, alors heureux ?

Je sais que le titre de cet article en aura fait bondir plus d’un, mais attends fidèle lecteur, il est parfaitement voulu, lis jusqu’au bout, tu vas comprendre.

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L’idée de cet article est née en lisant une discussion, sur un forum spécialisé, blindé de débats et de conseils concernant l’éducation et le comportement des chiens, pas toujours avisés d’ailleurs. Je vous retranscris cette discussion sommairement (les prénoms ont été changés, toute ressemblance avec des personnages réels serait purement pas fortuite du tout) :

François : « Le renforcement positif, c’est bien ! Je l’ai vu ça, et je l’ai lu ça ! »
Nicolas : « Alors moi, j’ai une chienne très particulière, fine, élancée, mais aussi très dure, têtue. Alors est-ce que j’utilise le renforcement positif ? Eh bien je vais vous le dire ! Alors non, je n’utilise pas le renforcement positif avec Larka, parce que ça ne fonctionne pas avec elle, j’utilise d’autres méthodes »
François : « Mais Nicolas ? Mais quelles méthodes ? »
Nicolas : « Eh bien je vais vous le dire ! »

Un petit rappel technique dans un premier temps, pour revenir sur les quatre notions qui composent le conditionnement opérant.

Lorsqu’on parle de Punition (P), le but est de réduire l’apparition d’un comportement.
Lorsqu’on parle de Renforcement (R), le but est de favoriser l’apparition d’un comportement.

Les + et – apposés après le P ou le R, ne représentent en aucun cas quelque chose de bon ou de désagréable, ils expriment l’ajout d’un stimulus, ou le retrait d’un stimulus.

  • Dans le cas de P+ (punition positive), un stimulus aversif est ajouté (+) dans le but de faire disparaître un comportement (lorsque le chien fouille dans la poubelle, il prend une tape sur l’arrière-train, il a donc plutôt tendance à éviter de fouiller dans la poubelle).
  • Dans le cas de R+ (Renforcement positif), un stimulus appétitif est ajouté lorsque le comportement désiré est adopté (lorsque le chien revient vers son maître, il obtient une friandise, il a tendance à revenir très rapidement).
  • Dans le cas de P- (Punition négative), un stimulus appétitif est retiré lorsqu’un comportement non désiré apparaît (Le chien saute sur son maître lorsqu’il rentre du travail, le maître lui retire son attention en lui tournant le dos, le chien perd quelque chose qu’il aime, il a donc tendance à éviter de sauter).
  • Dans le cas de R- (Renforcement négatif), un stimulus aversif est retiré lorsque le bon comportement est adopté (Tant que le chien ne veut pas s’asseoir, le maître applique une pression sur l’arrière-train, lorsque ce dernier s’assoit, la pression disparaît).

Ce bref rappel effectué, revenons à la discussion entre François et Nicolas. Nicolas explique qu’il n’utilise pas le renforcement positif, parce qu’il estime que ça ne fonctionne pas avec sa chienne Larka. Sauf que notre petit Nicolas sur talonnettes, on commence à le connaître, il ne sait pas très bien de quoi il parle, il s’agite, gesticule et finit par créer plus d’incohérence qu’autre chose. Et puis Nicolas, il fait une grossière erreur, parce que selon lui, le renforcement positif serait un outil, comme une clé de douze, qu’on sort de la caisse si on en a besoin, et qu’on range lorsqu’on a terminé.

Non ! Le renforcement positif n’est pas un outil !

J’en vois encore s’agiter frénétiquement derrière leur écrans tel de jeunes caniches cocaïnomanes, calmez-vous mes bons, vous allez comprendre.

Diablo a un rappel correct parce que ce rappel a été, et est encore renforcé.

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Il est fort probable que Safi ait pris cette mauvaise habitude de se coucher sur la table du salon parce que certaines caresses l'ont renforcé dans cette attitude.

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Ce que je dis moi, c’est que le renforcement positif n’est pas un outil, pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas possible de le ranger, comme on rangerait la fameuse clé de douze dans la caisse à outils. On ne décide pas de ne plus utiliser le renforcement positif, le renforcement positif est un élément présent tout au long de la vie du chien (oui oui, même un vieux chien peut apprendre).

Non ! Le renforcement positif n’est pas un outil ! Tout simplement car on ne peut pas cesser de l’utiliser !

Et c’est bien là que le bât blesse, ce renforcement est régulièrement utilisé consciemment par le maître, dans une séance de travail ou d’apprentissage par exemple, mais il l’est également inconsciemment, dans la vie de tous les jours, dans des situations dont la portée et les conséquences lui échappent totalement.

De cette manière, certains comportements vont être renforcés, appuyés, stimulés, sans qu’à aucune seconde, le maître ne se rende compte qu’il en est la seule et unique cause.

Reprenons. Le renforcement positif est l’ajout d’un stimulus appétitif, qui apporte une sensation ou une réponse de bien-être, dans le but de favoriser la probabilité d’apparition d’un comportement. Ces stimuli sont divers, la friandise, la caresse, la félicitation orale, un jouet, le jeu lui-même, l’attention du maître envers le chien, le clic du clicker…

J’imagine que vous voyez maintenant beaucoup plus clairement où je veux en venir : il est très facile, et cela de manière parfaitement inconsciente, de renforcer un comportement non désiré, par un simple geste inadapté, en donnant son attention au chien à l’instant même où il adopte un mauvais comportement, ne serait-ce qu’en le regardant. De la même manière, il est parfaitement possible qu’en voulant éviter un comportement gênant, le maître le renforce, par des gestes inadaptés, ou simplement en exprimant vocalement une idée compréhensible pour un humain, mais sur un ton inadapté pour un chien dans cette situation.

Les exemples sont infinis, et quelle que soit l’expérience du maître, de novice à très expérimenté, les erreurs sont là, le but étant évidemment d’en faire le moins possible, de tendre vers le « zéro erreurs ». Voici quelques exemple.

  • Une jeune femme a fait appel à moi il y a quelques temps, parce qu’elle constatait une dérive comportementale de son jeune bouledogue. Il était pot de colle, beaucoup trop, en permanence contre sa maîtresse, la sollicitant continuellement. Vous imaginez évidemment ce que provoquaient les absences de la jeune femme, stress intense, destructions, « bêtises » diverses et variées. Il a été extrêmement rapide de corriger cette dérive, en deux séances uniquement. La première séance avait pour but de comprendre les causes de ce comportement, et de travailler sur ces causes, en l’occurrence le comportement de la maîtresse. Ceci demande une remise en question de son propre comportement de maître, sans quoi pas de résultat possible.

    L’analyse a montré immédiatement que les réponses de la maîtresse, face aux sollicitations du chien, étaient parfaitement à l’opposé de ce que nécessitait le résultat désiré. Plus clairement, chacune des sollicitation de la chienne engendrait chez la maîtresse une réponse de type « contact physique » (premier renforcement), et une consigne vocale, un « retourne au panier », sur un ton particulièrement doux (deuxième renforcement). La chienne obtenait systématiquement ce qu’elle demandait, l’attention de sa maîtresse, il n’y avait donc aucune raison, aucune chance, pour qu’elle change de comportement.

  • Autre exemple classique, le jeune chien qui se laisse emporter par son excitation et qui saute sur son maître à son retour. La réaction la plus répandue de la part du maître est la suivante : la main posée sur la tête du chien, et une parole du type « non, descends », sur un ton très doux, qui est en réalité perçu comme quelque chose d’agréable, donc un renforçateur.

La vie dans un groupe de chiens conséquent complique énormément les choses, en particulier parce que chaque consigne orale est reçue par plusieurs individus.

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D’une manière générale, chaque mouvement, regard, caresse, mot trop doux, peut être perçu ou plutôt vécu comme agréable, donc peut devenir un renforçateur, du réveil, jusqu’au coucher, donc peut être suceptible de créer ou d’appuyer un mauvais comportement, ou une dérive comportementale.

Il n’est pas possible d’empêcher ce phénomène complètement, en revanche, ce qui est possible, est d’y faire attention, de minimiser les erreurs, d’éviter les gestes ou mots inadaptés, et dans le doute, de ne rien faire et rien dire. Ceci est évidemment valable pour les trois autres composantes du conditionnement opérant. S’il est tout à fait possible consciemment de renforcer certains bons comportements, ou d’éradiquer certains mauvais comportement, il est  aussi parfaitement possible, et cette fois inconsciemment, de renforcer des mauvais comportements et de faire disparaître les bons.

Pensez bien que dans une majorité des cas, lorsqu’un maître fait appel aux services d’un spécialiste en éducation ou en comportement, le problème exposé est un résultat direct des erreurs qu’il a commises.

Des questions ?




Pour information, suite au procès et au jugement dont a été victime Vanessa (Injustice), une cagnotte a été mise en place, vous la retrouverez ici :

SAUVONS COEUR SUR PATTES - Leetchi.com

Bonjour mes amis,Notre association a plus que jamais besoin de votre soutien !En 7 ans d'existence nous avons toujours répondu présent devant la détresse animale, nous avons pris sous notre aile plus de 1000 animaux. Nous ne pouvons continuer de les sauver sans vos coups de pattes !Nous tentons de maintenir la tête hors de l'eau depuis des mois, notre situation financière est catastrophique.

https://www.leetchi.com



05 septembre 2015

Injustice.

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Un article était prévu depuis quelques jours, mais l’actualité récente fait qu’il est reporté. Merci de partager cet article d’Humanimo, très clair, qui prouve parfaitement que certains lobbies ont la main mise sur tout, la saison de chasse va commencer bientôt, et tous les moyens ont été utilisés pour écarter une maltraitance avérée et retourner la situation pour faire tomber une personne et une association, qui n’a jamais sauvé que 1000 chiens depuis 2008…

Le quidam ne reverra jamais les deux chiennes, là est notre victoire.

Nuages sur la protection animale

Il s'est passé ce jeudi 3 septembre un évènement capital pour la protection animale. L'aboutissement d'un processus judicaire entamé en été 2014 et qui s'est achevé sur une défaite amère pour une petite association discrète, mais qui fait un boulot phénoménal depuis 7 ans : Cœur sur pattes.

http://www.humanimo.fr

 

29 août 2015

A l'affût

Salut nouveaux fidèles lecteurs !

Aujourd’hui, un billet plus léger, et plus court, parce que je sais bien que le dernier n’a pas convenu à tout le monde, trop long, pas assez d’images, trop triste, trop réaliste, trop… Bon bref. Donc cette fois, plus jovial, en vous décrivant notre sortie de ce matin avec Adrien, le grand de Vanessa.

Il y a deux semaines, nous avons fait une petite promenade tous les deux, dans le but de trouver un spot « photo animalière », et nous avons trouvé, sur les rives de l’Arroux, à quelques kilomètres de la maison. Nous y avions vu ça :

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Alors hier soir, nous avons préparé sacs et matériel, l’affût, les tabourets de camping, enfin, tout le toutim.

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Ce matin, c’était moins drôle, avec un réveil la tête dans le fion à 6h, oui madame, oui monsieur, 6h du matin ! On charge les sacs, de l’eau, des petits trucs à grignoter, un thermos de café noir, et youpla, nous voilà partis.

Arrivés tout près de l’endroit, il faut tout de même transporter le matériel de l’auto jusqu’au bord de la rivière, avec une première réflexion du jeune : « C’est marrant, j’ai un peu l’impression d’être un âne ! » Ce à quoi j’ai répondu : « Hahaha ! »

A 6h46 pile, nous sommes sur place. Nous montons l’affût, quatre sardines plus tard, il n’y à plus qu’à s’installer. Dépliage des sièges de camping et asseoyage, opération délicate, dangereuse même, car le sol était meuble… Lorsqu’un pied s’enfonce, c’est l’ensemble du galabru qui se prend une meule dans la direction de l’appui en question. Bon, arrêtons de parler technique car je vois que ça vous ennuie.

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A partir de là, il ne se passe plus rien, plus-rien ! Il faut simplement attendre et scruter la rivière et la rive par les différentes ouvertures de l’affût.  Sur chaque face, plusieurs ouverture par fermeture éclair, utilisables comme on le désire. Et là, c’est la chance qui fait son travail, ou pas.

Il m’est arrivé de rester 5 ou 7 heures, sans voir le moindre animal, ou trop mal placés, ou trop peu de lumière, une brume trop épaisse…  Et parfois, après une heure j’avais vu et pris ce que je voulais. L’idéal étant évidemment de passer beaucoup de temps en repérage : d’où vient ce renard ? Où crèche-t-il ? Quelles sont les habitudes des chevreuils ici, où vont-ils boire ? Puis de s’installer à la bonne heure et au bon endroit.

Se poser de cette manière dans un endroit qui semble bon, sans connaitre ni la faune, ni ses habitudes est aussi très agréable, parce que parfois, on peut avoir une bonne surprise. C’était le cas ce matin, avec l’arrivée de ce rapace, une buse variable j’imagine, qui est venu faire ses ablutions à une quarantaine de mètres de nous. Un peu loin pour sortir des clichés vraiment intéressants, mais la situation était jubilatoire, parce que vécue avec un enfant de 8 ans qui n’a jamais vu ça. C’était un peu l’objet de la sortie d’aujourd’hui d’ailleurs, passer un peu de temps tous les deux, entre amoureux de la natures et des animaux sauvages, dans le calme, à écouter des dizaines de variétés d’oiseaux chanter tout autour de nous.

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Peu après 8h, ce rapace est arrivé, je le signale à Adrien, ébahi. L’oiseau se promenait tranquillement dans l’eau, puis s’est mis à faire sa toilette, les ailes, un petit coup derrière la tête… Après dix minutes, il a décollé. Si d’une manière globale, la sortie ne nous a pas permis de voir beaucoup de chose, je crois que le spectacle que nous a offert cet oiseau était plutôt le bienvenu pour la « première » d’Adrien.

Lui-même a pu prendre des photos avec un petit compact, de l’animal puis du paysage.

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Je crois qu’on retournera au même endroit, parce que je soupçonne certains mammifères de venir s’abreuver ici tôt le matin et puis parce que l’endroit est simplement magnifique, calme, hors du temps, et manifestement peu ou pas fréquenté.

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Fort heureusement, après deux heures d'affût, c'est Adrien qui m'a fait remarquer ce curieux dinosaure.

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Posté par Raphael Pin à 19:29 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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24 août 2015

De la Roumanie vers la France.

Salut lecteur, ça biche ? La forme ?

Ici, les vacances sont terminées, après deux semaines de sorties, plaisirs en tous genres, partie de rigolade, visites, il est temps de reprendre une activité normale, fini de rigoler justement !

Entrons aujourd’hui dans le vif du sujet en évoquant la dernière arrivée ici, la petite Jessy. Jessy est une chienne qui nous est arrivée directement de Roumanie, dans le cadre d’une opération d’envergure. Cet article sera long, très long, un billet fleuve pour ainsi dire, alors choppe ta tablette, ton pc portable, munis-toi d’au moins deux litres de ta boisson préférée, de quoi grignoter, isole-toi et installe-toi dans ton meilleur fauteuil, c’est parti, et ce ne sera pas forcément drôle d’ailleurs !

Le 12 juillet dernier, plusieurs dizaines de chiens sont arrivés de Roumanie dans un covoiturage d’envergure. Essayons si vous le voulez bien de comprendre un peu plus dans le détail la situation en Roumanie. Valérie, coordinatrice de cette opération, a pris sur son temps afin de nous écrire un texte, coup de cœur pour ces chiens roumains et coup de gueule contre cette décision déplorable et les gens qui en sont les responsables.

En deux mots je vais essayer de me présenter et de vous raconter pourquoi je me bats pour les chiens de Roumanie. 

J’habite en suisse mais je suis française. Mon premier sauvetage en Roumanie a commencé en 2013 quand j’ai vu une petite chienne husky avec une patte complètement retournée et qui ne semblait plus rien attendre de la vie! Son image m’a hantée pendant 3 jours, je ne pouvais plus mange et dormir... Je me suis dit que j’allais tout faire pour la sauve malgré le fait que je ne parlais ni l’anglais ni le roumain. J’ai donc commencé à prendre des renseignements auprès d’une personne roumaine que j’avais aidée pour un husky. Elle m’a donc organisé une conversation avec la personne qui avait sorti la chienne de l’enfer et aussi avec une traductrice qui parlait bien le francais, Loreta. Nous sommes vite devenu amie avec Loreta et pendant de longs mois nous avons tout fait pour cette petite chienne handicapée. Nous avons réussi à lui trouver une super famille mais malgré tout l’amour qu’elle a reçu elle est décédée en décembre, son petit corps avait reçu trop de coups et n’a pas résisté à une hémorragie.

Depuis je me bats pour les chiens roumains mais aussi et surtout pour les huskys qui sont très nombreux en Roumanie. J’ai moi-même deux huskys adopte dans un refuge en France. Au fil du temps j’ai rencontré différentes amies qui se battaient aussi pour les loulous de Roumanie dont Catherine Voirol. J’essaie d’aller deux fois par an en Roumanie pour rencontrer les loulous du refuge où travaille Loreta comme bénévole. Les chiens errants sont ramassés dans les rues, disons capturés avec un lasso métallique par les dogcatchers. On les attrape n’importe comment, parfois leur pattes sont coupées avec ce lasso, les chiens qui auront la chance d’être sauvés par une asso pourront être soignés et amputés. Les autres mourront dans des lieux sordides, d’infections ou d’autres choses. Les chiens ne sont pas euthanasié proprement avec une piqûre car ça coûte trop cher donc on les massacre à coup de barre de fer ou pour en tuer un maximum, on les mouille et on balance l’électricité. Les chiens meurent dans d’horribles souffrances, quand ils meurent.

Certains agonisent des heures voir des jours avant d’avoir la chance de mourir. Alors quand on me dit qu’il y a tant de chiens en France qui attendent une famille, je leur réponds d’aller voir un seul chien de Roumanie dans une fourrière et je pense qu’il n y a rien à dire, l’image parle d’elle-même. Les chiens se mangent entre eux car on les affame, ils sont nourris une fois par semaine quand ils ont la chance de recevoir quelque chose. A côté de ça il y a aussi des gens en Roumanie qui profitent de la détresse animale pour réclamer de l’argent aux gens et qui laissent mourir les chiens. On a déjà eu le cas c’est pour ça que je peux me permettre de parler de ça... Il faut se méfier de tout le monde mais malgré cela le monde est petit, on sait sur qui on peut compter dans ce pays...

Quand on arrive à trouver une famille pour un de ses loulous, ce n’est que du bonheur !!! Quand ils arrivent par camion, dans lesquels ils ont voyagé deux jours, ça peut paraître long mais après l’enfer qu’ils ont vécus, ce n’est rien, c’est juste un grand pas vers la liberté et le bonheur. J’ai eu plusieurs chiens de Roumanie en transit chez moi, ce sont des chiens tellement attachants et qui ont ce petit quelque chose dans les yeux... Comme pour vous dire merci à l’infini. Je continuerai à me battre pour eux, même si parfois ça implique beaucoup de temps et d’énergie, ils méritent qu’on se batte pour eux et pour tous ceux qui n’auront pas eu la chance de trouver une famille, et qui mourront dans d’atroces souffrances.

On travaille avec des assos anglaises qui nous aide sur le terrain, ils s’impliquent beaucoup dans le sauvetage des chiens roumains et aussi quelques assos allemandes mais je travaille rarement avec elles. Pour le rapatriements des chiens je travaille beaucoup avec l’association Mukitza qui m’aide au rapatriement des chiens, ils ont en général un voire deux transports par mois sauf en été car il fait trop chaud pour les chiens. En fait difficile de dire combien de chien sont concernés, nous faisons venir les chiens seulement quand ils ont une famille par contre Mukitza en fait beaucoup venir, 30 voire plus par mois.


Valérie m'a transmis un certain nombre de photos très explicites, mais je ne les proposerai pas dans ce billet, à l'exception de celle-ci. (Les autres seraient beaucoup trop dures à regarder pour beaucoup).

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Dans le cas qui nous intéresse, il s’agissait de plus de quarante chiens, dans deux camions, pour un covoiturage de 27 heures je crois savoir. Comme l’explique Valérie, c’est un transfert lourd, très long pour les chiens, mais c’est un passage obligé pour qu’ils puissent enfin vivre une vie normale, échapper à de terribles souffrances et à une mort certaine.

Jessy en Roumanie, au refuge. 

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Maintenant, essayons de comprendre comment la Roumanie a pu arriver à une situation aussi dramatique. Et c’est Loreta justement, bénévole dans un refuge en Roumanie, qui en ayant gentiment accepté de répondre à cette interview écrite, va nous expliquer l’histoire de ce pays et ses conséquences sur la vie des chiens roumains. 

- Pouvez-vous vous présenter rapidement.

Je m’appelle Loreta, je vis à Bucarest et je suis bénévole pour une toute petite asso roumaine qui protège les animaux.

- Pourquoi cette opération de transfert des chiens vers la France ? Que risquaient ces chiens ?

La réponse n’est pas si simple que ça, il faut présenter un peu le tableau. Pendant les années 80, le dictateur communiste Ceausescu a commencé une grande opération de « systématisation » des villages roumains. En fait, ça voulait dire tout démolir et faire reconstruire des HLM destinées à « l’Homme Nouveau »,  au lieu des maisons traditionnelles ou des vieux immeubles. Evidemment, les villageois devaient abandonner une bonne partie de leurs biens, les animaux domestiques et de compagnie inclus, pour aller vivre dans les cellules superposées, en béton  préfabriqué.  A Bucarest, la systématisation fait disparaitre beaucoup de vieilles demeures avec cour et jardin, notamment sur la surface destinée à faire bâtir le mégaprojet appelé « La maison du peuple » (appelée aujourd’hui Le palais de Ceausescu et, ironie du sort, devenue l’objectif touristique numéro 1 de la Capitale roumaine). Des centaines de familles ont dû déménager dans le plus court délai, laissant derrière leur compagnons a 4 pattes. Pendant des années, au fur et à mesure que les démolitions continuaient, les animaux abandonnés se multipliaient sans aucune contrainte, et le nombre des errants a encore grandi dans la période suivant la chute du communisme. Par contre, pas mal d’errants étaient pris en charge par des gens de bonne foi, qui leur donnaient à manger, essayaient de leur offrir des abris improvisés (dans le hall des immeubles,  sur les espaces publics, dans les parcs, dans des niches improvisées etc.) et qui les soignaient et les faisaient stériliser de leur propres moyens.

Des puissantes organisations pour la protection animale, tel Vier Pfoten, ont essayé de convaincre les autorités locales que la seule solution pour diminuer la population de animaux de la rue était de faire stériliser les errants et de sévèrement punir l’abandon. Des contrats ont été conclus puis résiliés avec la mairie de Bucarest, on a organisé de vifs débats, Brigitte Bardot est venue protester sur les lieux… Bref, aucune décision sérieuse et préoccupée pour le bien des humains ET des animaux n’a été prise. Le cas tragique d’Ionut, le petit garçon prétendument tué par des chiens errants, a été le prétexte parfait pour organiser une tuerie en masse, sans offrir aucune chance réelle a l’adoption pour les chiens de la rue.

A présent, les refuges publics de Bucarest, mais aussi de d’autres villages roumains, sont des vrais mouroirs, ou les loulous, sains et malades, sont entassés ensemble par dizaines dans des cellules froides, humides, malsaines. On leur jette le repas à côté des déjections, les contrôles médicaux sont quasi-inexistants et les heures de visites pour les potentiels adoptants sont impossibles (de 10.00 à 13.00 – quand les gens sont normalement au travail). L’attrapage et l’euthanasie des chiens de la rue rapportent gros, c’est un vrai business pour ceux qui gèrent de tels refuges, avec la bénédiction des autorités locales. La transparence dans ces refuges n’existe pas, on entend des histoires horribles de loulous achevés à coup de pelle ou électrocutés, pour toucher l’argent destiné en fait à l’acquisition des substances létales. Les dogcatchers attrapent très souvent des chiens qui ont un maitre, les refuges sont pleins de loulous avec un collier.

De nombreux roumains ont adopté des errants, mais « l’offre » est beaucoup plus grande que la demande. Les assos essayent de tout faire pour sauver des vies, on essaye de leur trouver des refuges privés, des familles d’accueil, mais la loi n’encourage pas les adoptions, au contraire. Pour faire sortir un chien du refuge public il vous faut un tas de papiers !!! Malheureusement, on remarque aussi un autre phénomène : des gens, des assos, qui exploitent le malheur des loulous et la compassion pour eux, pour des buts mercantiles. 

- D'une manière générale, quel est le statut du chien en Roumanie ?

La Roumanie a été, pendant des siècles, un pays agraire. Les paysans traitaient les chiens comme des biens qu’on peut exploiter, mais à qui on doit très peu (ou rien). Ces mentalités ce sont propagés jusqu'à nos jours. Il faut aussi préciser que le système communiste, qui a effectivement confisqué les animaux de milliers de familles afin de mettre au point les désastreuses coopératives agricoles, a ouvert une faille dans la relation homme-animal. Les gens, privés de leur bétail et des animaux qui leur permettaient de subsister, ont commencé à se désintéresser du sort des animaux en général. Malheureusement, les échos de ces mentalités sont visibles aujourd’hui. Il y a aussi les gens qui aiment bien les loulous et qui les comprennent, venez donc à Bucarest voir combien de gens promènent des chiens errants au bout de la laisse. Mais les abandons des chiens continue, et aussi l’exode des loulous de la zone métropolitaine de Bucarest vers le centre-ville (ça ne sert à rien d’attraper les loulous de la ville, tant qu’aux abords il y a plein de chiens qui cherchent en permanence des nouveaux territoires où ils peuvent trouver les moyens pour subsister).

- Pouvez-vous nous parler de Jessy, la chienne adoptée par Vanessa Myotte ? Quel est son histoire ? Son caractère ?

Jessy a été un des milliers des chiots abandonnés dans la grande ville. Je me rappelle qu’un jour, quand je promenais ma louloutte, je l’ai vue, elle et ses 4 ou 5 frères, des petites boules poilues dormant sous les voitures, dans la boue, dans la neige ou sous le soleil impitoyable des étés caniculaires roumains, recroquevillés sur les couvercles des canalisations, mendiant des caresses et des petits bouts de pain. Il n’y avait pas trop d’assos de protection animale, mais les chiens de la rue se comptaient par milliers (des dizaines de milliers, disaient les chiffres officiels). Je l’ai vue grandir, elle était la chouchoute de tout le monde, on lui jetait un os ci et là, mais probablement on lui donnait aussi plein des coups de pied. Parfois elle s’amusait à chasser les voitures de la rue avec ses frères, un « sport » dangereux et parfois mortel. J’ai été absente quelques années du pays, mais j’ai entendu dire qu’on la attrapée pour la faire stériliser (et après on l’a relâchée). Quand la tuerie des loulous s’est déclenchée, elle a échappé aux dogcatchers de justesse. Elli, la présidente de l’asso Bruno Shelter, a essayé 2 fois de l’attraper pour la mettre à l’abri dans un espace privé, mais elle s’enfuyait à chaque fois. On a même essayé de l’endormir avec un tranquillisant, elle s’est sauvé quand même ! A la fin, on a réussi à la mettre à l’abri, mais elle était plutôt timide et n’aimait pas qu’on lui mette le collier. Je n’imaginais pas qu’elle aurait pu trouver un jour une famille adoptive, capable de l’aimer telle qu’elle est. Mais voilà, les miracles se produisent des fois !! Je ne cesserai jamais de remercier Vanessa Myotte de lui avoir accordé cette chance à la vie et a l’amour.

- Qu'attendez-vous des acteurs de la protection animale en France ? Que peuvent-ils faire pour vous aider ?

On peut faire beaucoup pour les loulous roumains, surtout des pressions internationales au niveau de l’UE. Rien ne justifie la maltraitance et la souffrance d’un être vivant, surtout d’un être qui a accompagné et aidé l’Homme depuis la nuit des temps. Et qui l’a aidé à progresser.

Je suis étonnée et reconnaissante pour cette formidable solidarité internationale qui fonctionne parfois fois à merveille. Des assos qui assurent le transport gratuit des loulous vers la France ou ailleurs, des assos qui prennent des loulous roumains sous leur aile, en essayant de leur trouver des familles responsables. Je vois parfois sur facebook des commentaires du genre « Pourquoi sauver des chiens roumains, car on a aussi nos propres chiens malheureux ». Je voudrais souligner que la souffrance n’a pas de frontières. Qu’il s’agisse des loulous de France, d’Espagne, de Roumanie, de Serbie, les animaux en détresse n’ont pas de voix pour appeler au secours. Ils subissent les pires supplices, et même après tout ça, la merveilleuse étincelle d’amour et de sagesse universelle de leur yeux n’arrive pas à s’éteindre.


 

Pour être encore plus précis, le 10 septembre 2013, à la suite d’un incident dans lesquels des chiens errants auraient été impliqués, et qui aurait provoqué le décès d’un jeune garçon, a été votée une loi autorisant l’euthanasie des chiens. Cette loi autorise l’euthanasie si l’animal n’a pas été réclamé dans les 14 jours après capture.

On parlait à ce moment-là de plus de 40 000 chiens errants à Bucarest.

Le problème qui s’est posé instantanément est que de nombreuses personnes se sont mises à courir après les primes, ce sont les dogcatcher. Outre le délai de 14 jours qui n’est que peu (ou pas) respecté, les conditions d’euthanasie sont la plupart du temps au-delà de l’imaginable. Plusieurs associations ou fondations avaient pourtant proposé des campagnes de stérilisation, comme la fondation Bardot, mais le gouvernement roumain n’était pas du même avis. Aujourd’hui, cette capture et ce massacre de masse concerne bien entendu les chiens errants, mais également les animaux qui ont un maître, et se déroulent même jusque dans les refuges ou sur des terrains privés.

Encore plus clairement, la capture et le massacre des chiens errants en Roumanie ne règle rien, sans une campagne de stérilisation et d’adoption massive, les chiens continueront de se reproduire, et de générer de nouveaux clients pour cette tuerie de masse.

Pour résumer, chaque animal qui aura pu arriver en France, sous couvert d’une association ou même comme Jessy pour rejoindre un adoptant, est un animal qui aura échappé à ce massacre.

Jessy, au départ du covoiturage.

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Son jeune congénère Safi, à la maison également, mais en famille d'accueil.

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Vanessa, présidente et fondatrice de l'association "Un coeur sur pattes" nous parle maintenant de cette fameuse journée du 12 juillet, de l’arrivée des chiens, puis de ce qui a motivé sa décision d’adopter Jessy. 

- Peux-tu nous raconter l’arrivée de ce covoiturage géant ? Comment s’est passé le transfert des chiens ? Et d’une manière plus générale nous parler des émotions inhérentes à ce genre d’opération ?

Vous vous en doutez certainement mais la nuit précédant l’arrivée de Jessy en France a été courte, très courte, très très courte…Et le peu de sommeil qui a bien voulu de moi était, comment dire… un peu agité, animé, plein de doutes mais aussi d’espoir… de doux rêves…

Sam, mon beau-frère et accessoirement ami,  a eu la gentillesse de m’accompagner à Saint Avold dans le département  57 ( à 425 km d’ici), lieux de rendez-vous pour récupérer Jessy. Arrivés sur place, nous avons été accueillis par des gens adorables qui nous ont ouvert leur maison, nous y avons rencontré des familles d’accueil, des adoptants et des covoitureurs, des bénévoles de refuges, qui eux-aussi venaient récupérer des loulous, Valérie avec qui j’avais tellement bavardé, j’étais tellement heureuse de la rencontrer enfin. Nous avons tous discuté, échangé….comme si nous nous connaissions déjà, comme si nous nous étions déjà rencontrés auparavant… Nous comparions les kilomètres parcourus par chacun, une sorte de concours, de compétition venait de prendre place, c’était amusant…pas de chichis entre nous, le tutoiement était de rigueur…nous avons ri, beaucoup ri…l’humour je pense nous aidait à « cacher » notre angoisse, notre stress, notre inquiétude….nous ne pouvions cacher notre impatience, nous trépignions, tout en dégustant des pâtisseries, en buvant un café, regardant très souvent nos montres… chacun montrant la photo de son petit élu Roumain, vantant les mérites de celui-ci, ses nombreuses qualités, sa beauté… Beaucoup beaucoup d’émotions en attendant ce convoi exceptionnel, comme ils étaient attendus ces loulous venus de si loin pour une nouvelle vie… Puis un coup de fil nous avise que les camions de transport avaient 1 heure de retard…bon sang il fallait attendre encore 1 heure ? mais comment gérer ce stress grandissant ? Bon allez avec Sam on fait des tours de pâtés de maisons on regarde et on commente les architectures quelques fois particulières des bâtisses aux alentours, on passe, on repasse devant la maison de nos hôtes, on sourit à nos comparses restés dehors dans la rue, ou dans la cour….sourires un peu crispés, inquiets  tout de même… mais le climat restait tout de même très convivial, complice, chacun prenant sur soi pour attendre dans les meilleures conditions possible. Avec Sam, nous avons vérifié plusieurs fois où se situait le parking sur lequel devaient stationner les camions, nous avons méticuleusement examiné chaque entrée, chaque sortie… ben quoi ? Des semaines que je l’attendais ma puce, je n’allais quand même pas la rater !!!!

Tout le monde a enfin rejoint  ce fameux parking qui est désormais mythique  …mais chacun étant à l’écart…comme si nous éprouvions le besoin de nous retrouver seul, ou en famille dans notre bulle…comme si une préparation hors de la « foule » nous était indispensable… une sorte d’étape, de moment indispensable avant d’accueillir les loulous, nos loulous… Comparé aux premiers instants partagés ensemble, le silence, un silence lourd, pesant a fait place sur ce parking, les bavards se faisaient muets, nous attendions, le calme régnait, une espèce de pudeur, une sorte de respect nous interdisant de parler, une sorte de mutisme incontrôlable s’est emparé de nous… Puis les deux camions avec le précieux chargement est arrivé… ils ont stationné à quelques mètres de nous… Je n’avais plus de souffle, j’ai regardé Sam, je lui ai dit « ça y est ils sont là ! » et les larmes ont coulé, il a frôlé ma joue avec un sourire réconfortant, bienveillant… Tout le monde était un peu comment dire…désorienté, emprunté, ne sachant pas quoi faire précisément… n’osant pas trop s’approcher… attendant des directives…les chauffeurs sont descendus, ont ouvert les portes, et là moment très fort encore lorsque nous avons vu tous ces chiens, des grands, des petits, des chiots… dans des cages, leur regard, je n’oublierai jamais leur regard, j’entendrai toujours  leurs aboiements… 

Puis tout est allé très vite…je me suis approchée du plus grand camion, Sam était en retrait derrière… j’ai plongé ma tête dans la camion, j’ai cherché Jessy, chaque regard posé sur un loulou me touchait terriblement, quelle détresse, quelle peur, quelle angoisse, quel désespoir même nous pouvions lire dans leurs yeux… je ne voyais pas Jessy, « mon dieu, où pouvait-elle donc être ? », et si elle n’était pas là ? (même si j’avais reçu une photo de ma puce envoyée par Loreta juste avant son départ, dans sa cage installée dans le camion), j’en venais à douter… j’avais peur, j’étais désemparée, je pleurais, je regardais Sam, je lui disais « je ne la trouve pas Sam, je ne trouve pas ma fille ! » des minutes angoissantes, déchirantes que je ne voudrais pas revivre… Sam s’approche et me dit « est-ce que tu as regardé, là-bas au fond, derrière les autres cages ? Mais non je n’avais pas regardé… je m’y attèle,  j’examine de plus près, je regarde au fond du camion et là je vois ma Jessy, tapie au fond de sa cage, en boule, le regard apeuré, elle était terrifiée… A cet instant, je me demande comment mes jambes m’ont soutenue tellement l’émotion que j’ai ressentie était forte, violente… je lui ai dit « Jessy, je suis là tout va bien, je suis là ma fille… » je me suis tournée vers Sam, rassurée et je lui ai dit que je l’avais trouvée, il a souri, un sourire qui voulait dire c’est bien je suis content pour toi, enfin voilà, la voilà…

L’un des chauffeurs me voyant en larmes m’a demandé quel chien était pour moi, je lui ai dit Jessy en la montrant du doigt, il a déplacé les cages devant pour dégager l’accès à celle de Jessy, une bénévole l’a sortie avec l’aide de Valérie, nous l’avons installée dans la voiture de Sam, à l’arrière…Plus rien d’autre ne comptait à cet instant… Jessy et moi étions seules au monde, c’était notre moment à nous, rien qu’à nous, je ne voyais plus les gens autour, nous étions dans une bulle, un moment hors du temps, suspendu…. Je l’ai embrassée, serrée fort pas trop pour ne pas l’effrayer mais juste assez pour lui montrer combien je l’aimais, elle me regardait, m’a léché le nez comme si à cet instant elle avait compris qui j’étais, pourquoi elle était là, pourquoi moi j’étais là… Les larmes continuaient de rouler sur ma joue, je n’arrivais pas à réaliser, je la serrais enfin dans mes bras…

Nous avons passé plus de 5 heures côtes à côtes dans la voiture, je me suis allongée tout contre elle… nous nous sommes endormies…

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- Pourquoi Jessy ?

Amélie a posté l’annonce de Jessy sur mon mur Facebook, lorsque j’ai vu sa photo, je pense que mon cœur a fait une rotation de 720° minimum, mes larmes ont roulé sur mes joues, une véritable cascade inépuisable… Les yeux mouillés, noyés, j’ai été incapable de détourner mon regard de l’écran, je l’ai admirée, contemplée, désirée cette beauté de chienne au regard si doux… qui ressemblait tant à ma Soukette (je vous en parlerai plus tard sans doute de ma regrettée Soukette, mais ma peine est encore très vive, trop vive lorsque je tente de parler d’elle…)

Cette photo a changé la vie de Jessy, la nôtre…

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C’est un peu comme une d’histoire d’amour vous savez entre deux êtres humains, le truc qu’on se dit de suite… Ayeh c’est lui ou elle ! je l’ai trouvé (e ) ! coup de cœur, coup de foudre, coup d’amour, beaucoup d’amour c’était une évidence, c’était elle !

J’ai immédiatement envoyé un message privé à  Valérie qui gérait l’adoption de Jessy, nous avons longuement parlé au téléphone de la vie de la louloute, de son avant, de son pendant et son après…

Et au fur et à mesure de la conversation l’évidence était de plus en plus évidente, Jessy et moi, moi et Jessy, c’était écrit…bon je sais ça fait un peu cliché mais bon…c’est comme ça et pis c’est tout !

Les semaines qui ont suivi ont été longues, interminables… Il a fallu attendre que Jessy soit un peu plus « sociable », qu’on puisse lui mettre un collier, qu’on puisse l’approcher d’avantage afin qu’ elle ait  moins d’appréhension, d’angoisse, de stress… Cette attente était bien évidemment  légitime mais il n’en reste pas moins que j’aurais aimé l’écourter, accélérer  le temps et réduire la distance géographique qui me séparaient d’elle….

 La perspective d’accueillir Jessy  à la maison me rendait tellement heureuse et en même temps j’étais inquiète…  « Allais-je être à la hauteur ? saurais-je lui apporter tout ce dont elle avait besoin ? serait-elle heureuse à nos côtés ? »

Je l’avais « choisie » mais elle ne nous avait pas choisis nous…


 

Valérie et Loreta ont déjà répondu à la fameuse question « Mais pourquoi aller sauver des chiens en Roumanie alors qu’il y en a à sauver en France ? », mais je vais tout de même y mettre mon grain de sel. Tous les gens qui sont actifs dans la protection animale connaissent par cœur une réflexion qui leur est faite : « C’est bien de sauver des animaux, mais il faudrait peut-être mieux s’occuper des enfants qui meurent de faim ! »

Quel est donc ce besoin manifestement irrépressible de hiérarchiser les problèmes, de classer par niveau de valeur les maux de notre monde ? Pour quelle raison essayer de régler certains problèmes demanderait de mettre en attente les autres ? Qui est capable de définir ce qui est prioritaire ? Tout simplement personne, car ceci implique un jugement de valeur impossible à effectuer. Faut-il participer financièrement à l’aide au victime du tsunami ou à combattre la famine dans le monde ? Comment décider ? En comptabilisant le nombre de morts ?

La protection animale, et des chiens en particulier, n'implique en aucun cas de laisser les autres problèmes de côté, d'ailleurs, il est assez fréquent de constater que certains jouent sur plusieurs tableaux.

 

Il y a maintenant un mois et demi que Jessy est avec nous, et ce n'est pas toujours facile. Les deux premiers jours se sont passés à merveille, presque trop bien même, avant que la chienne ne retrouve de vieux réflexes, de peur, de fuite, échapper à l’homme est alors redevenu son activité principale. Aujourd'hui, la progression est constante, et Jessy se détend, mais nous reviendrons sur son arrivée et son adaptation dans un prochain billet, pour évoquer son comportement, ses craintes, mais aussi sa curiosité...

En attendant, quelques photos de la belle Jessy à son arrivée, et certaines un peu plus récentes.

Adrien qui lui donne un peu d'eau.

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Avec Mag, à son arrivée.

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Avec Diablo.

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Avec ses nouveaux compagnons et Vanessa.

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To be continued...

 

10 août 2015

La Patate nouvelle est arrivée !

Soyez les bienvenus ici.

Comme vous le savez, ma vie a basculé il y a quelques temps, mais dans ce changement, une chose perdure, l’envie d’écrire, l’envie de parler de chiens, de leur comportement, d’éducation, de réhabilitation, de sauvetages et de belles histoires.

Alors aujourd’hui, j’ouvre ce nouveau blog, avec Vanessa Myotte (accessoirement présidente de l’association Un Cœur sur Pattes). Désormais, nos vies sont liées, nous partageons notre espace avec un joli groupe de chiens, qu’a intégré Diablo il y a quelques semaines avec beaucoup de savoir faire.

Sur ce nouveau blog, le ton sera parfois sérieux, mais régulièrement, j’espère que je pourrai vous tirer un sourire, ou même un rire, même si certains d’entre vous ne se bidonnent franchement que lorsqu’ils se coincent un doigt dans une porte, et ne niez pas je vous connais !

Certains d’entre vous seront heureux que je remette les doigts sur le clavier, d’autres trouveront probablement ça indécent. Pour ces derniers, il est important de préciser que je ne renie rien, que le passé est le passé, mais que de mon histoire, rien ne sera oublié, après, ceux qui ne partagent pas mon avis, ma façon de faire, peuvent toujours passer leur chemin, voire même aller jouer à Colin-Maillard au bord de la falaise.

Aujourd’hui, nous avançons avec Vanessa, nous nous projetons, et dans quelques temps, de véritables projets naitront, puis se concrétiseront.

J’espère aussi qu’elle-même viendra rédiger ici, expliquer son travail avec les chiens, peut-être concernant Un Cœur sur Pattes, ou la vie quotidienne avec un groupe de chiens hétéroclite et international. Il y a mille choses à dire, parce que les chiens sont nombreux, et que certains sont compliqués, alors on adapte, on observe, on… Bref, vous verrez bien. La forme va changer, s’affiner, des rubriques vont apparaître, des menus, des trucs et des machins. Pour l’instant, c’est moche, je vous l’accorde, mais ça va s’arranger.

Voilà, ceci était le billet d’introduction de ce nouveau blog, le billet number one, mais il ne serait pas un de mes billets sans quelques photos, vous imaginez bien.

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Posté par Raphael Pin à 21:11 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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